Non, partager la chambre de ses parents ne suffit pas à retarder les nuits d’un nourrisson. Le sommeil d’un bébé se règle avec l’âge, et la plupart des enfants s’allongent la nuit vers 3 à 4 mois. Voici ce qu’il faut attendre, ce qui peut réellement hacher les nuits et comment dormir près de lui sans risque.
Le cododo retarde-t-il les nuits ?
Les parents qui dorment près de leur bébé rapportent des nuits variables, et ceux qui le couchent dans une autre pièce aussi. Rien dans les repères publiés pour les parents n’indique que la proximité décale le moment où un enfant dort plus longtemps. Ce moment dépend d’abord de la maturation de son horloge biologique.
Le mot « cododo » recouvre pourtant deux pratiques très différentes, et c’est là que naissent les malentendus. Dormir à proximité du bébé, chacun dans son lit, est encouragé. Dormir dans le même lit est déconseillé.
Un point pèse davantage sur la nuit que le lieu : la façon dont les parents réagissent aux petits bruits. Un bébé qui s’agite en dormant n’a pas toujours besoin d’une intervention, et chaque intervention inutile peut le réveiller pour de bon.
Ce que « faire ses nuits » veut dire
Faire ses nuits ne signifie pas dormir douze heures d’un trait. Les repères destinés aux parents parlent d’un bébé qui arrête peu à peu de se réveiller et de boire la nuit, et qui dort 5 à 6 heures de suite. La plupart y parviennent vers 3 à 4 mois, mais certains y mettent plusieurs mois.
Juste après la naissance, l’horloge biologique qui règle l’éveil et le sommeil n’est pas ajustée. Il est donc possible que le nouveau-né dorme davantage le jour que la nuit, à des horaires irréguliers. Les semaines passant, l’alternance devient plus régulière, sans qu’il soit utile d’imposer des horaires.

Ces totaux se répartissent différemment selon l’âge. De la naissance à 3 mois, un bébé dort entre 14 et 17 heures, souvent par tranches de 2 à 4 heures, avec des périodes d’éveil de 2 à 3 heures. Entre 4 et 11 mois, le total passe à 12 à 16 heures avec des phases plus longues la nuit. De 1 à 2 ans, il est de 11 à 14 heures, avec des heures régulières de coucher et de lever.
Ce découpage explique pourquoi un nouveau-né qui se réveille toutes les deux ou trois heures n’a rien d’anormal. Le cododo ne crée pas ces réveils, il les rend simplement plus audibles pour ses parents.
Même chambre ou même lit : deux pratiques à ne pas confondre
Pendant ses six premiers mois au moins, il est préférable d’installer le lit de bébé dans la chambre des parents. C’est meilleur pour sa sécurité, et plus simple la nuit pour réagir quand il s’agite, pleure ou montre des signaux de faim. Passé six mois, il peut dormir dans une autre pièce ou rester dans la chambre selon la préférence de la famille.
Dès la naissance, on installe bébé dans son propre lit. Les recommandations officielles sont constantes : dans la chambre des parents, mais sans partager leur lit. Un lit d’adulte, un fauteuil ou un canapé ne conviennent pas au sommeil d’un nourrisson, même pour une courte sieste, et l’on évite de s’endormir avec lui dans les bras.
Comment distinguer sommeil agité et vrai réveil ?
Beaucoup de « réveils » ne sont pas des réveils. Un bébé bouge en dormant, fait des mimiques, grogne et pleurniche : c’est ce qu’on appelle le sommeil agité, une phase tout à fait normale. Viennent ensuite d’autres phases, le « sommeil calme », suivi du « sommeil lent » où il bouge moins.
Dans la même chambre, tous ces bruits sont audibles. Un parent qui se précipite à chaque gémissement risque d’interrompre un cycle que l’enfant aurait enchaîné tout seul. Mieux vaut les laisser passer un instant avant d’intervenir.
- Il bouge, grimace, grogne : on observe sans intervenir.
- Il gémit, semble inconfortable : on le rassure par sa présence et on l’aide à se rendormir.
- Il montre des signes de faim : on lui propose à boire.
- Il pleure franchement et ne se calme pas : on vérifie couche, température et confort avant de le prendre.
On finit par savoir, à force d’observer son bébé, quand il a besoin de réconfort. Cette lecture s’affine en quelques semaines.
Que faire quand bébé se réveille la nuit
On peut lui proposer à boire s’il montre des signes de faim, mais il ne se réveille pas forcément pour manger. Il peut aussi avoir besoin d’être câliné et rassuré. Pour l’aider à se rendormir, mieux vaut rester dans une ambiance calme, sans bruit ni lumière forte, ce qui renforce le contraste entre le jour et la nuit.
Les écrans et les veilleuses LED à lumière bleue sont à éviter le soir et la nuit, car ils peuvent perturber les rythmes du bébé. Une lumière douce et basse suffit pour la tétée ou le change.
Certaines situations demandent un autre regard : un bébé qui pleure dès qu’on le pose se lit dans cet article sur les pleurs au moment du coucher, et un bébé qui tète toutes les heures la nuit est expliqué dans le point sur les tétées nocturnes rapprochées. Les repères sur les premières semaines sont dans l’article consacré au réveil nocturne du nouveau-né.

Les règles de sécurité pour dormir près de bébé
La proximité n’est sûre que si le lit de bébé l’est. Les recommandations de couchage valent que l’on pratique le cododo ou non, et elles s’appliquent surtout avant six mois, période où tout objet mou qui peut couvrir le visage devient dangereux.
- Un lit à barreaux ou un berceau portant le marquage CE ou NF avec la mention « conforme aux exigences de sécurité », déballé et aéré avant l’arrivée de bébé s’il est neuf.
- Un matelas ferme, adapté aux dimensions du lit, avec un drap housse bien fixé.
- Bébé couché sur le dos, à plat, sans oreiller, coussin, couverture, tour de lit ni doudou à proximité.
- Une gigoteuse à la bonne taille plutôt qu’une couverture.
- Une chambre aérée, sans tabac, à une température de 18 à 20 °C.
- Aucun biberon laissé dans le lit.
Le détail du couchage, des tailles et des TOG est dans l’article sur le sac de couchage de bébé, et les chiffres sur le risque sont dans l’article sur la mort inattendue du nourrisson. Un bébé emmailloté demande des précautions propres, rappelées dans l’article sur l’emmaillotage.
Situations courantes et bon geste
Les nuits d’un nourrisson changent vite. Le tableau ci-dessous associe les situations qui reviennent le plus souvent à ce qui les explique et au geste le plus utile.
| Situation | Ce qui l’explique | Bon geste |
|---|---|---|
| Il grogne et bouge en dormant | Sommeil agité, phase normale | Attendre, observer |
| Il se réveille toutes les 2 à 4 heures avant 3 mois | Sommeil par tranches, horloge non réglée | Répondre, garder la nuit calme |
| Il cherche le sein ou le biberon | Signes de faim | Proposer à boire |
| Il pleure sans être affamé | Besoin de réconfort | Câliner, rassurer, lumière basse |
| Il ne dort pas plus de 5 à 6 heures vers 3 à 4 mois | Rythme variable d’un enfant à l’autre | Patienter, ne pas forcer les horaires |
| Les parents n’en peuvent plus | Fatigue cumulée | En parler en couple, se relayer |
La première colonne compte autant que la dernière : choisir son geste selon la situation évite les gestes automatiques. C’est aussi ce qui limite la fatigue des parents, car on évite de se lever pour rien.
Chambre partagée et allaitement : des tétées de nuit plus simples
Pour un bébé allaité, la chambre partagée simplifie les tétées de nuit. On le prend sans quitter la chambre, puis on le recouche dans son lit une fois la tétée terminée. Cela évite de se réveiller complètement à chaque fois.
Les tétées rapprochées de la nuit ne signifient pas un manque de lait. Elles accompagnent souvent un pic de croissance, décrit dans l’article sur le pic de croissance du bébé allaité. La prise du sein reste le premier réglage à vérifier, comme dans les positions d’allaitement.
La position pour allaiter la nuit s’apprend au même titre que les autres. Si l’on se sent glisser vers le sommeil, mieux vaut recoucher bébé dans son lit après la tétée plutôt que de s’endormir avec lui sur un canapé ou dans le lit parental.
Quand et comment passer dans sa propre chambre
Les repères officiels fixent un seuil, six mois. Passé cet âge, l’enfant peut dormir dans une autre pièce si le logement s’y prête, ou rester dans la chambre des parents selon leur préférence. Le choix appartient à la famille.
Si l’on décide d’installer bébé dans sa chambre, mieux vaut le faire en douceur. L’enfant aura besoin d’être accompagné les premiers jours, avec des pleurs et des demandes de câlins qu’on peut revivre le temps de l’adaptation.
- Garder les mêmes gestes du soir dans la nouvelle chambre.
- Rester près de lui jusqu’à l’endormissement les premiers soirs.
- Maintenir la pièce entre 18 et 20 °C, aérée et sans tabac.
- Utiliser un baby-phone aux normes CE ou NF, éteint quand on ne s’en sert pas et jamais placé dans le lit.
Organiser la nuit à deux
Les nuits d’un nourrisson se gagnent surtout sur l’organisation. Quand le bébé dort dans la chambre, les deux parents l’entendent, et ce sont souvent les deux qui se réveillent. Mieux vaut décider à l’avance qui répond à quel moment, plutôt que de se lever à tour de rôle pour le même gémissement.
Quelques accords simples aident à tenir les premières semaines. Chacun connaît sa plage de repos, le parent « de garde » prépare à l’avance ce dont il a besoin pour le change, et l’autre peut dormir sans s’inquiéter.
- Prévoir le matériel de change et le linge de rechange à portée de main, lumière tamisée.
- Si bébé est allaité, convenir qui le recouche après la tétée.
- Garder la chambre à 18-20 °C pour ne pas avoir à ajouter de couches de couverture au milieu de la nuit.
- Remettre bébé dans son lit, sur le dos, dès qu’il est rendormi.
Ce partage est plus simple quand les gestes sont décidés avant la fatigue. Une organisation qui tient sur une semaine se corrige ensuite sans drame.
Quatre idées reçues sur le cododo et les nuits
« Il faut lui imposer des horaires dès la naissance. » Pas besoin : l’horloge biologique se règle toute seule, au fil des semaines. Il est inutile d’imposer des horaires, et l’on évite de réveiller bébé quand il dort.
« Mieux vaut attendre qu’il soit épuisé pour le coucher. » Les repères destinés aux parents conseillent l’inverse : le coucher sans trop attendre dès qu’il montre des signes de sommeil, comme bâiller, se frotter les yeux ou s’agiter.
« S’il dort dans notre lit, il dormira mieux. » Le partage du lit parental n’est pas recommandé pour un nourrisson : on place son lit dans la chambre des parents, pas dans le leur. La sécurité prime sur le sommeil.
« Les écrans calment les réveils. » La lumière bleue des téléphones et des télévisions peut perturber les rythmes de bébé. Une veilleuse à lumière douce, non bleue, est préférable.
Quand demander de l’aide
Les réveils répétés sont épuisants. Avant de se sentir à bout, mieux vaut en parler en couple pour trouver une organisation qui laisse à chacun des temps de repos. Se relayer pour une nuit sur deux change souvent la donne.
On peut aussi en parler au centre de PMI ou au médecin qui suit l’enfant. Les médicaments pour dormir ne se donnent à bébé que dans des cas très exceptionnels, et seulement sur ordonnance. La fatigue de la mère après l’accouchement est aussi un sujet de santé, évoqué dans le point sur les suites de couches sur six semaines.
Questions fréquentes
À quel âge un bébé fait-il ses nuits ?
La plupart des bébés font leurs nuits vers 3 à 4 mois : ils arrêtent peu à peu de se réveiller et de boire la nuit et peuvent dormir 5 à 6 heures de suite. Tout cela est très variable d’un enfant à l’autre et peut prendre plusieurs mois.
Peut-on dormir avec son bébé dans le même lit ?
Non, ce n’est pas recommandé. On place le lit de bébé dans la chambre des parents, sans partager leur lit, et l’on évite de s’endormir avec lui dans les bras ou sur un canapé.
Jusqu’à quel âge garder bébé dans sa chambre ?
Pendant les six premiers mois au moins, c’est préférable pour sa sécurité. Ensuite il peut dormir dans une autre pièce ou rester avec vous, selon votre préférence.
Le cododo empêche-t-il bébé de s’endormir seul ?
Pas en soi. Un bébé qui s’agite en dormant n’a pas toujours besoin d’une intervention : on observe quelques instants avant de réagir, sauf s’il gémit ou semble inconfortable.
Quelle température dans la chambre de bébé ?
Entre 18 et 20 °C, dans une pièce aérée régulièrement, où l’on ne fume pas.
Que faire si bébé se réveille toutes les nuits ?
Chercher d’abord la faim, puis le besoin de réconfort, rester dans le calme et la pénombre, et se relayer entre parents. Si la fatigue devient lourde, parlez-en à la PMI ou au médecin de l’enfant.
Installez le lit de bébé à côté du vôtre, vérifiez les six repères de sécurité, puis laissez-lui quelques semaines pour caler son rythme avant de juger ses nuits. Si la fatigue prend le dessus, notez ses réveils sur une semaine et parlez-en à la PMI.